La glycine (Wisteria) produit de longues tiges souples qui peuvent parcourir plusieurs mètres en une saison. Cette caractéristique permet de la multiplier grâce à une méthode particulièrement accessible : le marcottage. Contrairement à une bouture, la tige reste attachée à la plante mère pendant qu’elle développe ses propres racines. Elle continue donc à recevoir de l’eau et des ressources, ce qui limite fortement le risque de dessèchement. Une fois suffisamment enracinée, la marcotte peut être séparée pour devenir une nouvelle glycine indépendante.
Pourquoi choisir le marcottage pour une glycine ?
Une bouture est séparée de la plante mère dès le départ. Elle doit donc produire des racines suffisamment vite pour survivre.
Avec le marcottage, le principe est différent.
On sélectionne une longue tige encore attachée au pied principal, on en enterre une petite partie et on laisse son extrémité ressortir du sol.
Des racines peuvent progressivement apparaître au niveau de la portion enterrée.
Pendant tout ce temps, la branche reste reliée à la glycine mère. C’est ce qui rend cette technique intéressante pour le jardinier amateur.
Quelle est la meilleure période ?
Le marcottage peut être commencé au printemps ou au début de l’été, lorsque les tiges sont en croissance et encore suffisamment souples pour être courbées sans casser.
Dans les régions aux étés très chauds et secs, privilégiez le printemps afin que la zone enterrée ait plusieurs mois pour s’établir avant les fortes chaleurs.
Une marcotte demande de la patience. Il faut généralement compter plusieurs mois, et il peut être préférable d’attendre la saison suivante avant de la séparer.
Ne vous fiez donc pas uniquement aux nouvelles feuilles : elles peuvent être alimentées par la plante mère alors que les racines de la marcotte sont encore insuffisantes.
Le matériel nécessaire
Préparez simplement :
- une longue tige souple de glycine ;
- une petite pelle ;
- du terreau ou du compost mûr ;
- de la terre du jardin ;
- un crochet métallique ou une pierre pour maintenir la tige ;
- un petit tuteur ;
- un sécateur propre ;
- un arrosoir.
Vous pouvez réaliser le marcottage directement en pleine terre ou utiliser un pot installé à côté de la plante mère lorsque le sol n’est pas accessible.
1. Choisir la bonne tige
Cherchez une longue pousse saine située suffisamment bas pour atteindre le sol sans être forcée.
Elle doit être vigoureuse, sans blessure importante ni signe de maladie.
Une tige encore assez flexible est beaucoup plus pratique qu’une vieille branche épaisse et ligneuse.
Faites-la descendre doucement vers le sol pour vérifier qu’elle atteint facilement l’endroit choisi.
Ne pliez jamais brutalement une branche : si elle commence à craquer, choisissez-en une autre.
2. Préparer la zone d’enracinement
À l’endroit où la tige touche naturellement le sol, creusez une petite tranchée d’environ 10 à 15 cm de profondeur.
Ameublissez bien la terre.
Si votre sol est très compact, mélangez la terre retirée avec une petite quantité de compost mûr et, si nécessaire, un matériau permettant d’améliorer sa structure.
Le mélange doit rester frais mais ne pas devenir constamment gorgé d’eau.
La glycine apprécie un sol correctement drainé : une tige enterrée dans une poche détrempée risque davantage de se dégrader que de produire de belles racines.
3. Préparer la partie de tige qui sera enterrée
Repérez un nœud sur la portion destinée à entrer en contact avec la terre.
Un nœud correspond à la zone où apparaît une feuille ou une pousse.
Retirez les feuilles présentes sur la petite section qui sera enterrée.
Vous pouvez ensuite gratter très légèrement l’écorce sur 1 à 2 cm près du nœud, uniquement sur une face.
Il ne s’agit surtout pas de couper la tige en deux.
Cette petite blessure superficielle peut favoriser la formation de racines au niveau du contact avec le substrat.
Utilisez un couteau ou un sécateur parfaitement propre et travaillez délicatement.
4. Enterrer la tige sans enterrer son extrémité
Couchez la partie préparée dans la petite tranchée.
Recouvrez environ 10 à 15 cm de longueur de tige avec plusieurs centimètres de terre, tout en laissant l’extrémité de la branche ressortir.
La pointe doit rester complètement à l’extérieur.
Maintenez la partie enterrée avec un crochet métallique en forme de U. À défaut, une pierre suffisamment lourde peut empêcher la branche de remonter.
Tassez très légèrement avec les mains.
Arrosez ensuite doucement afin que la terre se mette correctement en contact avec la tige.
5. Redresser l’extrémité
Laissez dépasser au moins 20 à 30 cm de tige après la zone enterrée.
Redressez cette extrémité et attachez-la souplement à un petit tuteur.

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Elle continuera ainsi à pousser vers le haut pendant que la portion enterrée développera progressivement des racines.
Utilisez une attache souple et laissez suffisamment d’espace pour que la tige puisse grossir.
6. Maintenir une humidité régulière
Pendant les semaines suivantes, surveillez particulièrement la terre autour de la marcotte.
Elle doit rester légèrement fraîche, surtout pendant les périodes sèches.
Cela ne signifie pas arroser quotidiennement.
Enfoncez un doigt dans les premiers centimètres de terre. Si elle est encore humide, attendez. Si elle commence à sécher nettement, arrosez doucement.
Une fine couche de paillage autour de la zone peut aider à ralentir l’évaporation, mais ne l’accumulez pas directement contre les jeunes tiges.
Comment savoir si des racines se sont formées ?
C’est la partie qui demande le plus de patience.
Après plusieurs mois, vous pouvez dégager très délicatement un peu de terre sur un côté de la zone enterrée.
Ne tirez pas sur la branche.
Si vous voyez plusieurs racines bien développées autour de la tige, la marcotte progresse correctement.
Une nouvelle croissance située après la zone enterrée est encourageante, mais elle ne prouve pas à elle seule que la marcotte est autonome, puisque la branche reste toujours nourrie par le pied mère.
En cas de doute, attendez.
Une séparation tardive est généralement préférable à une coupe trop précoce.
7. Séparer la nouvelle glycine
Lorsque le système racinaire est suffisamment développé, coupez la tige du côté situé entre la plante mère et la zone enracinée.
Utilisez un sécateur propre et bien affûté.
Vous venez ainsi de transformer la marcotte en plante indépendante.
Si elle est déjà placée exactement à l’endroit où vous souhaitez conserver la nouvelle glycine, laissez-la simplement poursuivre son installation.
Sinon, déterrez-la délicatement avec une motte suffisamment large pour préserver les nouvelles racines.
8. Replanter sans attendre
Préparez le nouvel emplacement avant de déterrer la marcotte.
La glycine apprécie généralement une situation lumineuse et suffisamment ensoleillée pour favoriser une bonne floraison lorsqu’elle devient adulte.
Installez-la dans un sol drainé et arrosez généreusement juste après la plantation.
Pendant les premières semaines, surveillez l’humidité plus attentivement qu’avec une glycine adulte.
La jeune plante vient de perdre la connexion avec son pied mère et dépend désormais entièrement de ses propres racines.
Attention à l’emplacement définitif
Une glycine n’est pas une petite grimpante discrète.
Avec les années, elle peut devenir très vigoureuse, lourde et volumineuse.
Prévoyez donc un support solide : pergola robuste, structure spécifiquement conçue pour une grimpante vigoureuse ou autre support durable.
Évitez de l’installer contre un élément fragile qu’elle pourrait déformer avec le temps.
La glycine peut également produire de longues pousses qu’il faudra contrôler régulièrement par la taille.
Marcottage directement dans un pot : une alternative pratique
Si la branche ne peut pas atteindre une zone de terre libre, placez un pot de 3 à 5 litres à proximité du pied mère.
Remplissez-le d’un mélange drainant de terreau et de terre de jardin.
Courbez la tige jusqu’au pot, enterrez un nœud et fixez-le avec un crochet exactement comme pour le marcottage en pleine terre.
Cette méthode possède un avantage : lorsque la marcotte est suffisamment enracinée, vous pouvez couper la liaison avec la plante mère sans avoir à déterrer immédiatement les nouvelles racines.
Les erreurs les plus fréquentes
Évitez principalement :
- une vieille branche trop rigide ;
- une tige forcée jusqu’à la rupture ;
- un sol constamment détrempé ;
- laisser la partie enterrée complètement sécher pendant l’enracinement ;
- enterrer également l’extrémité de la branche ;
- vérifier les racines toutes les semaines ;
- couper la connexion avec la plante mère dès l’apparition de quelques feuilles ;
- installer la future glycine sans prévoir un support suffisamment robuste.
La méthode à retenir
Pour multiplier une glycine par marcottage :
- Choisissez au printemps une longue tige basse et souple.
- Creusez une petite tranchée de 10 à 15 cm.
- Retirez les feuilles de la portion qui sera enterrée.
- Grattez très légèrement l’écorce près d’un nœud.
- Couchez cette portion dans la terre et fixez-la avec un crochet.
- Laissez ressortir 20 à 30 cm au minimum à l’extrémité.
- Maintenez le sol légèrement frais pendant les périodes sèches.
- Attendez plusieurs mois et vérifiez délicatement la formation des racines.
- Séparez seulement lorsque le système racinaire est suffisamment développé.
- Replantez rapidement et arrosez soigneusement.
Le grand avantage du marcottage est précisément là : la future glycine peut développer tranquillement ses racines tout en restant alimentée par la plante mère. Il faut davantage de patience que de matériel, mais c’est une méthode particulièrement intéressante pour obtenir un nouveau pied à partir d’une glycine déjà bien installée.

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