Voir de beaux poivrons commencer à rougir puis développer une zone brune, molle ou noire avant la récolte est particulièrement frustrant. L’arrosage peut effectivement jouer un rôle important, surtout lorsqu’une période de sécheresse est suivie d’un apport d’eau très abondant. Mais toutes les pourritures ne viennent pas du même problème. Une tache sombre située à l’extrémité du fruit évoque souvent une nécrose apicale, tandis qu’une pourriture molle ou des lésions irrégulières peuvent avoir une autre origine. Avant d’agir, observez donc attentivement les fruits et les conditions de culture.
L’astuce principale : maintenir une humidité régulière autour des poivrons
Le poivron apprécie un sol frais mais correctement drainé. Le problème apparaît lorsque ses racines passent régulièrement d’un sol très sec à un sol détrempé.
Ces variations peuvent notamment perturber l’absorption et le transport du calcium vers les fruits en développement. Une nécrose apicale peut alors apparaître même lorsque le sol contient du calcium.
L’objectif n’est donc pas d’arroser énormément, mais d’arroser régulièrement et suffisamment profondément.
Matériel nécessaire
- 1 arrosoir sans pomme ou un tuyau d’arrosage à faible débit
- 1 petite pelle ou vos doigts pour vérifier l’humidité du sol
- 5 à 7 cm de paillage organique : paille propre, feuilles mortes broyées ou autre paillis adapté au potager
- éventuellement un système de goutte-à-goutte pour plusieurs plants
1. Vérifiez la terre avant chaque arrosage
Enfoncez un doigt dans le sol sur environ 3 à 5 cm à quelques centimètres du pied.
Si la terre est encore fraîche et légèrement humide, attendez. Si elle commence à sécher à cette profondeur, il est généralement temps d’arroser.
Cette vérification est plus fiable qu’un calendrier fixe : les besoins changent avec la température, le vent, la taille du plant et la nature du sol.
Pour les poivrons cultivés en pot, surveillez plus souvent. Leur substrat peut sécher beaucoup plus rapidement qu’en pleine terre.
2. Arrosez profondément plutôt que superficiellement
Arrosez directement au pied, lentement, sans mouiller inutilement les feuilles et les fruits.
En pleine terre, un ordre de grandeur d’environ 20 à 30 mm d’eau par semaine, pluie comprise, peut convenir pendant la période de croissance et de fructification, mais cette quantité doit impérativement être ajustée au climat et au sol.
Cela représente approximativement 20 à 30 litres par mètre carré et par semaine.
Sur un sol sableux et pendant une période très chaude, plusieurs apports peuvent être nécessaires. Sur une terre argileuse qui conserve longtemps l’humidité, espacez davantage.
Le bon indicateur reste le sol : il doit rester régulièrement frais en profondeur sans être saturé d’eau.
3. Évitez le cycle « très sec puis très humide »
C’est l’une des erreurs les plus importantes à corriger.
Après avoir oublié d’arroser plusieurs jours, ne tentez pas de compenser automatiquement en noyant les plants. Reprenez progressivement un arrosage normal et observez l’humidité du sol.
À l’inverse, de petits arrosages quotidiens qui humidifient uniquement la surface ne sont pas idéaux non plus. Ils encouragent un enracinement superficiel et rendent les plants plus sensibles aux fortes chaleurs.
Arrosez de préférence le matin, afin que les plantes disposent d’eau pendant la journée et que les éventuelles éclaboussures puissent sécher rapidement.
4. Installez un paillage
Lorsque le sol est déjà humide, étalez 5 à 7 cm de paillis autour des poivrons.
Laissez toutefois quelques centimètres libres autour de la base des tiges afin d’éviter une humidité permanente directement contre celles-ci.
Le paillage ralentit l’évaporation et limite les changements rapides d’humidité après une journée très chaude. Il réduit également la fréquence des arrosages et protège la surface du sol.
Surveillez malgré tout l’humidité sous le paillage : sa présence ne signifie pas automatiquement que la terre est suffisamment humide.
5. Retirez les fruits fortement atteints
Un poivron présentant une importante zone nécrosée ne retrouvera pas une peau saine.
Retirez les fruits très endommagés afin de permettre au plant de concentrer ses ressources sur les nouvelles fructifications.
En revanche, ne supprimez pas systématiquement tous les fruits à la première petite marque. Identifiez d’abord le problème.
Signe d’amélioration : les nouveaux poivrons se développent normalement et restent fermes, sans apparition progressive d’une zone sombre à leur extrémité.
Cette astuce vous a plu ?
Inscrivez-vous et recevez nos meilleurs trucs et astuces chaque semaine, directement dans votre boîte mail.
Comment reconnaître une nécrose apicale ?
La nécrose apicale apparaît généralement à l’extrémité du poivron opposée au pédoncule.
Une petite zone aqueuse ou brunâtre se forme d’abord, puis elle devient plus foncée et souvent légèrement enfoncée. Elle peut progressivement s’étendre.
Il ne s’agit pas, à l’origine, d’une maladie contagieuse passant directement d’un fruit à l’autre. Le problème est physiologique et lié à une mauvaise disponibilité du calcium dans les tissus du fruit.
Une irrégularité d’arrosage constitue un facteur fréquent, mais d’autres situations peuvent perturber l’absorption du calcium : racines endommagées, excès de sels fertilisants ou croissance particulièrement rapide.
Ne rajoutez pas automatiquement du calcium
Face à une nécrose apicale, on conseille parfois d’ajouter immédiatement des coquilles d’œufs, de la chaux ou d’autres sources de calcium.
Ce réflexe n’est pas toujours justifié.
Le sol peut déjà contenir suffisamment de calcium. Si le problème provient principalement d’une alternance entre sécheresse et excès d’eau, ajouter du calcium ne corrigera pas la cause.
Avant d’amender un potager de façon importante, un test de sol est préférable. L’ajout injustifié de chaux peut notamment modifier le pH.
Évitez également les remèdes improvisés pulvérisés sur les fruits : ils ne remplacent pas une bonne gestion de l’eau et du sol.
Attention à l’excès d’eau
Des poivrons qui pourrissent ne signifient pas nécessairement qu’ils manquent d’eau.
Un sol constamment détrempé prive les racines d’une bonne aération et favorise différents problèmes racinaires. Les plants peuvent alors jaunir, perdre de leur vigueur ou dépérir malgré une terre humide.
En pot, utilisez impérativement un contenant comportant plusieurs trous de drainage. Ne laissez pas durablement le fond du pot tremper dans une soucoupe remplie d’eau.
En pleine terre lourde, évitez les zones où l’eau reste plusieurs heures après une pluie importante.
Et si la pourriture ne ressemble pas à une nécrose apicale ?
Une lésion molle, humide, irrégulière ou couverte de moisissure peut indiquer un autre problème.
Dans ce cas, retirez les fruits atteints, évitez de mouiller le feuillage pendant l’arrosage et ne laissez pas les fruits malades se décomposer au milieu des plants.
Nettoyez également les outils ayant été en contact avec des tissus malades avant de passer à d’autres plantes.
Si plusieurs plants présentent rapidement les mêmes symptômes sur les feuilles, les tiges et les fruits, l’arrosage irrégulier n’est probablement pas la seule piste à examiner.
Les erreurs à éviter
Attendre que les plants flétrissent régulièrement avant d’arroser : ces épisodes de stress favorisent les fortes variations d’humidité.
Inonder une terre complètement sèche : rétablissez plutôt une humidité régulière sans maintenir le sol détrempé.
Arroser selon un calendrier rigide : vérifiez d’abord l’état réel de la terre.
Ajouter beaucoup d’engrais : une fertilisation excessive, notamment azotée, peut déséquilibrer la croissance et augmenter les besoins du plant.
Mettre du paillis sur une terre complètement sèche : arrosez d’abord correctement, puis paillez pour conserver cette humidité.
Conclure que toute tache noire vient de l’arrosage : l’emplacement et l’aspect de la lésion sont essentiels pour identifier le problème.
Avec les poivrons, la régularité est donc plus importante qu’un arrosage massif. Maintenez une terre fraîche mais drainée, adaptez les apports aux conditions météorologiques et utilisez un paillage pour amortir les périodes de chaleur. Si le problème était bien une nécrose apicale favorisée par des variations d’humidité, les fruits déjà abîmés ne guériront pas, mais les nouvelles fructifications peuvent se développer normalement une fois les conditions stabilisées.
Cette astuce vous a plu ?
Inscrivez-vous et recevez nos meilleurs trucs et astuces chaque semaine, directement dans votre boîte mail.